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Evalution préliminaire de l’état actuel de «Daech» et du sort de ses affiliés
Publié(e) par Dr. Mustapha Abdulaziz
Dr. Mustapha Abdulaziz.  

Nous allons mettre l’accent ici, sur la description de la situation sécuritaire de «Daech» - en phase de déclin - et son impact sur le sort de ses membres, qui constituent le pivot de ses activités terroristes.

Il est à noter que l’organisation «Daech» a d’emblée annoncé son objectif de rétablir «l’État du Califat», en s’appuyant, pour justifier ses crimes, sur des fatwas déviantes et invalides. Cette organisation a par ailleurs brandi le slogan du Califat, en tirant parti de la méconnaissance par la majorité des gens, de cette notion archaïque et désuète. Or, il n’existe aucune raison, ni dans les origines de l’Islam ni dans les Textes de consensus des grands savants musulmans (les Mujtahidines), qui puisse justifier que l’on s’accroche au terme de Califat, sous la bannière duquel de nombreux crimes et d’horribles actes de violence et de barbarie ont été commis par les organisations terroristes, avec pour objectif de déformer l’image de l’Islam, des Arabes, et des Musulmans; de porter préjudice à l’intégrité des pays arabes cibles; et de propager l’islamophobie.

Il convient de noter à cet égard, que les médias occidentaux ont cessé de recourir au terme «Daech» et l’ont remplacé par l’expression «Organisation de l’État Islamique».

«Daech» s’est attaché à agrandir son contingent de combattants locaux soit par endoctrinement, soit sous la pression et l’intimidation. Ce sont les affiliés locaux qui constituent désormais à l’échelle interne, la pépinière principale et la source de soutien qui renforce sa présence et lui confère une légitimité tacite. L’organisation s’est également attelée à attirer des groupes d’étrangers de différentes nationalités, en particulier des personnes ayant acquis une expérience du combat, sur le terrain et dans les médias, y compris de nombreuses personnes recherchées dans leur pays, et s’en est servie pour mieux contrôler les vastes territoires qu’elle a conquis. L’estimation du nombre de ces combattants étrangers varie d’une source à l’autre.

Le labyrinthe des chiffres:

Les chiffres publiés par les sources occidentales indiquent que les étrangers ayant rejoint «Daech» dépassent les 40 mille . Ainsi, supposant que le nombre estimé des cadres locaux ayant rejoint ses rangs est égal ou supérieur à ce chiffre, cela signifie que «Daech» comptait dans ses rangs environ 80 mille combattants étrangers et locaux. A cet égard, certains pourraient se demander suite au repli territorial de «Daech», où sont partis ces combattants. Les faits ont cependant révélé que le nombre des combattants de «Daech» n’avait pas dépassé les deux mille à Mossoul, mille à Tal Afar, quatre mille à Raqqa, trois mille à Deir al-Zour et quelques centaines disséminées dans d’autres régions.

Indépendamment de la validité et de l’objectivité des chiffres de source occidentale, où sont partis les milliers de combattants de Daech?

Cela soulève de nombreuses interrogations justifies, sur leur évacuation en toute sécurité des zones où ils sévissaient.

Le sort des terroristes de retour au pays:

les points de vue divergent quant à la manière de les traiter. Certains préconisent une approche modérée conciliant bâton et carotte; en d’autres termes, une approche basée sur des sanctions non excessives et une compréhension sans laxisme. D’autres estiment au contraire, que cette démarche ne peut convenir dans le cas des criminels ayant perpétré des crimes de guerre, et que ces terroristes doivent payer pour leurs crimes. Un ministre britannique est allé même jusqu’à exiger leur exécution.

En fait, trois directions opérationnelles se sont dégagées à cet égard:

Première direction: elle concerne une poignée de terroristes qui ont continué jusqu’à la fin, à s’engager dans des affron¬tements armés, ainsi que d’autres groupes ayant fui les villes pour se rendre dans des zones plus sûres où ils ont davantage de possibilités de se cacher et de prendre la fuite.

Deuxième direction: selon les données du Centre international des études sur l’extrémisme et la violence politique, certains pays sont plus susceptibles que d’autres, de voir s’infiltrer ces terroristes dans leurs territoires. Au premier rang de ces pays figurent la Tunisie, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, la Turquie, et en particulier La Libye, ainsi que d’autres pays.

"«Daech» comptait dans ses rangs environ 80 milles combattants étrangers et locaux. Où sont donc partis les milliers de combattants de Daech suite à son repli territorial? Cela soulève de nombreuses interrogations justifiées sur leur évacuation en toute sécurité des zones où ils sévissaient." La plupart de ces pays se sont préparés à cette éventualité en renforçant les dispositifs de sécurité à leurs frontières. Par conséquent, l’infiltration des terroristes via les frontières sera limitée à court et à moyen termes, mais sera relativement plus importante à long terme. La Libye étant devenue un pays exportateur et importateur de terrorisme, semble être un pays d’attraction privilégié pour la majorité des éléments terroristes qui sévissaient en Syrie et en Irak.

Rappelons que l’organisation «Daech» a vu le jour en octobre 2014 à Derna, où fut annoncée la création du «Conseil Islamique de la Choura» dont la majorité des combattants sont des éléments armés ayant combattu en 2012, contre le régime de Bachar al-Assad sous les ordres de ce que l’on appelait alors «Katibat al-battar» («le Bataillon du sabre»), qui avait porté allégeance à «Daech».

Cette organisation subsidiaire à «Daech» a réussi à étendre son contrôle au-delà de la ville de Derna, Enfin, comment ces convois sont-ils arrivés à destination, si ce n’est grâce à la protection qui leur avait été accordée par certaines grandes puissances et parties régionales et internationales?

Pour combattre l’organisation, le gouvernement de Consensus libyen a annoncé la création à Syrte, d’un corps militaire bâptisé «Quwat Al- Bonian Al- Marsuss» (Les forces de la structure fortifiée), lesquelles forces ont réussi, au début de l’année 2017, à infliger la défaite à l’organisation terroriste à Syrte.

Cette organisation a par ailleurs tué en 2015, un certain nombre de ressortissants égyptiens. Ce qui a poussé l’aviation égyptienne à riposter par une opération qualitative, au cours de laquelle un rassemblement de membres de l’organisation à Derna a été pris pour cible et bombardé.

Troisième parcours:

elle consiste en le retour des combattants étrangers de l’organisation «Daech» dans leurs pays d’origine. Ce qui a donné lieu à une sorte de conflit d’intérets.

«Daech» a brandi le slogan du Califat, sous la bannière duquel de nombreux crimes et d’horribles actes de violence et barbarie ont été commis par les organisations terroristes, avec pour objectif de déformer l’image de l’Islam, des Arabes et des Musulmans et de porter préjudice à l’intégrité des pays arabes. Par crainte que ces terroristes ne se transforment en bombes à retardement et que certains d’entre eux ne commettent des actes terroristes en «loups solitaires», ces pays ne souhaitent en effet pas, le retour de ces combattants - bien qu’ils avaient permis leur départ tout en ayant connaissance de leurs orientations idéologiques -.

C’est pourquoi ces pays ne souhaitent ainsi pas récupérer leurs ressortissants terroristes et préfèrent qu’ils restent dans les pays où ils se sont rendus pour y être jugés.

"Certes, suite au recul géographique et aux pertes humaines de «Daech», cette organisation s’est essouflée, a désormais un pied dans la tombe et a perdu l’essentiel de ses ressources,ainsi que la puissance de frappe de sa machine de propagande, mais il est difficile d’éradiquer définitivement «Daech»." Certains pays européens ont établi, afin de pouvoir faire face aux menaces potentielles que présentent ces combattants de retour, des programmes de réhabilitation au profit de ces terroristes de retour des zones de conflits. Or, certains rapports font mention des difficultés auxquelles peuvent se heurter ces programmes de réhabilitation comme, par exemple, le nombre important des combattants ayant rejoint les organisations terroristes, leurs familles respectives et la difficulté de mettre en place des programmes unifiés qui tiendraient compte des divergences idéologiques des organisations terroristes dont ils étaient membres.

Ajoutons à cela, le mécontentement et la désapprobation de la société à l’égard de la réhabilitation de ces terroristes de retour dans leurs pays d’origine.

Bien que suite au recul géographique et aux pertes humaines de «Daech», cette organisation s’est certes essouflée, a désormais un pied dans la tombe, et a perdu l’essentiel de ses ressources, ainsi que la puissance de frappe de sa machine de propagande, Il est difficile d’éradiquer définitivement «Daech».

La défaite de «Daech» est-elle le signe de son imminente disparition?

Certains spécialistes estiment que cela est difficilement envisageable actuellement et que l’organisation «Daech» n’est pas prête de disparaître totalement, le combat mené contre elle étant loin d’être terminé. Ils rappellent à cet égard, le cas d’Al-Qaïda.

"Les programmes de réhabilitation des terroristes de retour des zones de conflits en Europe rencontrent un certain nombre de difficultés, notamment, leur nombre important, les divergences idéologiques des organisations terroristes dont ils étaient membres ainsi que leur rejet par la société." D’ailleurs, même s’il est possible d’affirmer que suite au recul géographique et aux pertes humaines de l’organisation et du fait que le calife auto-proclamé «Abou Bakr al-Baghdadi» soit devenu, après avoir perdu ses emprises territoriales, un fugitif en fuite… l’organisation s’est certes essouflée et a désormais (selon James Matisse, Secrétaire américain à la Défense), un pied dans la tombe, du fait d’avoir perdu l’essentiel de ses ressources, la capacité d’attraction de ses fatwas ainsi que la puissance de frappe de sa machine de propaganda... Il n’en demeure pas moins vrai qu’il est difficile, dans la période de flou et d’incertitude actuelle où les différentes intéractions ne sont pas arrivées à maturité et n’ont pas encore abouti, d’éradiquer définitivement «Daech» ;et ce, pour un certain nombre de raisons dont les principales sont les suivantes:

  1. Le fait que certaines parties continuent à financer et armer les organisations terroristes.
  2. L’importante prolifération géographique des organisations terroristes, notamment l’expansion de «Daech» en Asie, et le fait que certaines régions arabes soient encore fragilisées et affaiblies et constituent, par là-même, des zones d’attraction pour ces groupes (comme la Libye).
  3. De plus, «Daech» est encore capable de rétablir les connexions entre ses branches et réseaux, de commander et de faciliter la perpétration d’attentats, ou d’en être la source d’inspiration (d’après les déclarations de Dan Coats, Coordinateur national des Services de Renseignement en mai 2017, devant le comité du Sénat américain).

    Les programmes de réhabilitation des terroristes de retour des zones de conflits en Europe rencontrent un certain nombre de difficultés, notamment, leur nombre important, les divergences idéologiques des organisations terroristes dont ils étaient members, ainsi que leur rejet par la société.

  4. L’ampleur des dégâts causés par l’organisation de «Daech» dans les différentes régions où elle a sévi, tout comme le processus de reconstruction, nécessiteront beaucoup de temps et des ressources financières colossales. Les pertes dues à la guerre menée par «Daech» s’éleveraient, selon le Premier Ministre irakien Haidar al-Abadi, à quelques 100 milliards de dollars, sans oublier les pertes infligées à la Syrie, et qui seraient encore plus importantes.
  5. À cela, s’ajoutent la rupture du tissu social dans ces régions et l’appauvrissement en masse des populations.

    En effet, des millions de maisons ont été détruites et ont été désertées par leurs habitants qui, pour la plupart, ont été placés dans des camps de réfugiés. Ces scènes tragiques, comme bien d’autres encore, constituent un terrain fertile et prometteur pour les organisations terroristes qui peuvent nourrir l’espoir d’y trouver refuge et protection, pour ressurgir sous d’autres formes.

  6. La montée des activités des milices confessionnelles et ethniques au Levant et au Yémen, lesquelles milices ont vu le jour sur fond des efforts menés pour combattre «Daech» et autres organisations apparentées. Nous citons, à titre d’exemple, la milice de la «Mobilisation Populaire» (al- Hachd al-Chaabi) appuyée par l’Iran, qui cherche à créer des milices similaires en Syrie comme «l’Armée de Libération Populaire» et d’autres milices ethniques telle la milice kurde des «Forces Syriennes Démocratiques». S’ajoutent à cela, les manoeuvres de ces milices visant à modifier par la force le paysage humain de certaines régions syriennes, telles que l’accord bâptisé «les quatre villes»: d’un côté, les deux villes chiites Kafraya et Fouaa, de l’autre, les deux villes sunnites al-Zabadani et Madhaya. Ces milices entravent aussi le retour des personnes déplacées et appellent à l’implication de certaines d’entre elles, comme la «al- Hachd al-Chaabi», dans les arrangements politiques concernant les institutions qui détiennent le pouvoir (comme les parlements), à l’instar du «Hezbollah» libanais. Elles sont soutenues en cela par l’Iran, ce qui pourrait entraîner l’émergence, dans la région arabe, de conflits confessionnels et ethniques qui menacent de provoquer à l’avenir, des guerres religieuses, confessionnelles et ethniques.
Pour résumer, nous affirmons que dans le processus d’éradication de «Daech», crier victoire est surement prématuré.
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